Colloque : Les nationalismes littéraires
2.07 - Littérature et moralisme national en France, de la troisième république aux procès de l’épuration
Auteur(s) : Gisèle Sapiro
En France sous la Troisième République, la morale publique se nationalise tout en se libéralisant et en se laïcisant. En régime de souveraineté populaire, de liberté de la presse et de laïcité, la dimension civique et nationale devient centrale dans la définition de la morale publique. La littérature est contrainte de se soumettre à ce cadre. La vague de procès littéraires qui suit de près la législation de 1881, dont le plus connu est celui de Lucien Descaves pour son roman Sous-Offs, en témoigne. A partir de l’Affaire Dreyfus, un nationalisme littéraire se fait jour, qui soumet le jugement esthétique à l’intérêt national. La pression du moralisme national dans le champ littéraire s’accroît avec la Première Guerre mondiale. Asséné quotidiennement par L’Action française, qui combat toutes les tendances internationalistes en son nom, elle est relayée dans l’entre-deux-guerres par d’autres voix qui contraignent le pôle le plus autonome, celui de La Nouvelle Revue française, de se définir par rapport à ce moralisme. Cet enjeu culmine sous l’Occupation allemande, qui entraîne un renversement du rapport de force entre pôles autonome et hétéronome du champ littéraire sous ce rapport, et lors des procès de l’épuration.
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Rencontres
Réseau « Champ littéraire »
14-16 Mai 2008 - Sciences humaines et sociales en société
Resp. G. Sapiro - Université Paris Descartes
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