Colloque "Traditions nationales en sciences sociales"

Réseau « Circulation des idées » - I - Les nationalismes

Lieu : Amsterdam [ 6 et 7 mai 2005 ]

Responsable : J. Heilbron

Abstract : Le premier colloque du sous-réseau 'Circulation des biens scientifiques' sera consacré aux traditions nationales en sciences sociales. Si le cloisonnement national des sciences sociales est reconnu comme un trait important des sciences sociales et un obstacle majeur à leur progrès, la question des traditions nationales en sciences sociales est rarement analysée de façon rigoureuse. Posée surtout dans des essais ou dans des commentaires, elle est très rarement traitée dans des travaux de recherche proprement dits.

En s’appuyant sur les reconstructions historiques des sciences sociales disponibles, on constate tout de même que les sciences sociales modernes sont, depuis leurs origines, fortement marquées par leurs contextes nationaux. Une partie significative des sciences sociales s’est constituée comme des «sciences de gouvernement» , c’est-à-dire comme des savoirs politiques ou administratifs au service des Etats nationaux émergents. En fonction des différentes structures étatiques, les premières sciences sociales ont pris des formes variées: ‘arithmétique politique’ en Angleterre, ‘statistique’ et ‘Polizei- et Kameralwissenschaften’ dans les pays allemands, ‘sciences morales et politiques’ en France. Le rapport particulier aux Etats nationaux a également conditionné la formation et le fonctionnement des académies et des sociétés savantes. En France, l’Académie des sciences morales et politiques (1832- ) a inauguré une science sociale semi-officielle et fortement liée au régime politique. La même remarque vaut pour ses homologues d’autres pays : la National Association for the Promotion of Social Science (1857) en Grande Bretagne, la American Social Science Association (1867), ou la Verein für Socialpolitik (1873) de l’empire Allemand unifié.

Le moment où se constituent les sciences sociales comme disciplines universitaires, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, est marqué par la montée des rivalités nationales et des mouvements nationalistes. Dans les pays au centre de ce mouvement (l’Allemagne, l’Angleterre, la France, les Etats-Unis, l’Italie), des particularités nationales ont été fréquemment invoquées pour justifier certaines conceptions et pour discréditer d’autres. Emile Durkheim avait conçu la sociologie comme une contribution au fondement moral et civique de la IIIe République. A la même époque les sciences sociales nord-américaines se sont fondées, comme l’a montré Dorothy Ross, sur les prémisses de « l’exceptionalisme américain » , exemple paradigmatique d’une idéologie nationale. D’autres exemples, comme « l’école autrichienne » en économie ou la « sociographie » néerlandaise, pourraient être également évoqués.

Articles :

2.14 - L’institutionnalisation de la sociologie en Grèce

Auteur(s) : Reguina Hatzipetrou-Andronikou

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Réseau « Champ littéraire »

14-16 Mai 2008 - Sciences humaines et sociales en société
Resp. G. Sapiro - Université Paris Descartes

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